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Retraite complémentaire fonctionnaire : ce que votre banque ne vous a jamais dit

23 juillet 2026 par
Mathieu Savary

Vous avez 46 ans. Vous êtes enseignant, gendarme, infirmier hospitalier ou cadre territorial. Vous cotisez depuis vingt ans. Vous avez entendu mille fois que "les fonctionnaires ont une bonne retraite". Alors vous n'avez pas trop cherché à y voir clair. Pourquoi s'inquiéter ?

Et pourtant, un soir, en regardant votre fiche de paie/solde, vous vous êtes posé la question : "Est-ce que j'en fais vraiment assez pour dans quinze ans ?"

C'est exactement là que commence la prise de conscience. Et c'est exactement pour ça que j'écris cet article.


Le mythe des 75 % : la vérité que personne ne vous a dite

La formule est connue : un fonctionnaire peut partir avec 75 % de son traitement. C'est vrai. Mais c'est incomplet - et cette nuance change tout.

Le taux de 75 % s'applique au seul traitement indiciaire, hors primes. Pour un agent dont les primes représentent 25 % du revenu, le taux de remplacement réel tombe à 56 %.

Prenons un exemple concret. Marie, infirmière en secteur hospitalier, 44 ans, touche 3 400 € nets par mois ; traitement + primes. Sa retraite atteindra environ 2 200 € nets après prélèvements sociaux. Le gap de revenu mensuel est donc de l'ordre de 1 200 €, soit un taux de remplacement net proche de 65 %.

1 200 € par mois en moins. Chaque mois. Pendant vingt ans de retraite.

Personne ne lui a dit ça clairement. Ni sa banque. Ni sa mutuelle. Ni son employeur.


Ce que votre banque ne vous dit pas

La RAFP  (Retraite Additionnelle de la Fonction Publique) existe pour compenser partiellement ce manque. En tant que fonctionnaire, vous cotisez obligatoirement à la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). La RAFP est une pension de retraite complémentaire à votre retraite de base obligatoire.

C'est bien. Mais c'est insuffisant.

Voici ce que votre conseiller bancaire n'a probablement jamais mis sur la table :

  • La pension de base est plafonnée à 75 % du traitement indiciaire hors primes (Service des Retraites de l'État, 2026).
  • Pour un fonctionnaire de catégorie A percevant 30 % à 40 % de primes, la pension cumulée représente souvent 60 % à 70 % des revenus d'activité, contre 75 % visés théoriquement.
  • La RAFP est plafonnée à 20 % de votre rémunération brute — ce qui limite mécaniquement son impact.

Et le PER (Plan d'Épargne Retraite) ? Votre banque vous en a peut-être parlé. Mais vous a-t-elle expliqué que le PER permet de déduire les versements du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels, avec un plafond de déduction pouvant atteindre 37 680 € sur les revenus 2025 ? Probablement pas — parce que ça implique de faire un vrai travail de conseil, pas de vendre un produit.


La retraite complémentaire fonctionnaire : 

Comprendre pour agir


Le PER : votre meilleur allié méconnu

Le Plan d'Épargne Retraite est aujourd'hui l'outil le plus puissant pour combler l'écart structurel entre votre pension et vos revenus actuels. Concrètement :

  • Vous versez chaque année une somme sur votre PER
  • Cette somme est déduite de votre revenu imposable
  • À la retraite, vous récupérez le capital ou une rente selon vos besoins

Exemple chiffré. Julien, officier de gendarmerie, 48 ans, TMI à 30 %. Il verse 4 000 € sur son PER cette année. Il économise 1 200 € d'impôt immédiatement. Sur dix ans, avec un rendement moyen de 4 %, son capital constitué dépasse les 58 000 € ; sans avoir "sacrifié" son train de vie.

Et la bonne nouvelle pour 2026 : à partir des versements 2026, le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans, élargissant considérablement vos marges d'optimisation.


Le cas particulier des militaires

Le régime de retraite des militaires est l'un des plus spécifiques de la fonction publique française. Les militaires relèvent du Service des Retraites de l'État (SRE), mais bénéficient de règles de départ et de calcul profondément différentes de celles applicables aux civils.

Les bonifications de campagne, les majorations pour enfants, la pension à jouissance différée et les règles spécifiques de la pension de réversion complètent un régime qui nécessite une attention particulière.

Pour un gendarme ou un officier, la question de la retraite complémentaire se pose encore plus tôt que pour un civil : certains quittent l'institution à 45 ou 50 ans avec une pension militaire — mais sans revenus d'activité pendant plusieurs années avant de pouvoir toucher une éventuelle pension civile. C'est un angle mort patrimonial majeur que j'appelle le "trou de revenus" — et il se prépare, pas se subit.


Préfon ou PER individuel : que choisir ?

Deux options s'offrent principalement aux fonctionnaires pour la retraite complémentaire fonctionnaire :

CritèrePréfon-RetraitePER Individuel
Public cibleFonctionnaires historiquementTous, dont fonctionnaires
Déduction fiscaleOuiOui
Rachat d'annéesPossible (études, service)Non
FraisParfois plus élevésVariables selon contrat
Flexibilité sortieRente principalementCapital ou rente
AccessibilitéSpécifique FPOuvert à tous

Le Préfon-Retraite, régime historique des fonctionnaires créé en 1964, est désormais transformé en PER. Son avantage : le rachat possible des années d'études et de service. Mais ses frais sont parfois plus élevés — à comparer rigoureusement avec un PER classique.

Mon conseil : ne choisissez pas seul. Le bon outil dépend de votre tranche d'imposition, de votre ancienneté, de vos primes, et de vos objectifs de vie. C'est exactement ce qu'un bilan patrimonial permet de clarifier.


Et concrètement, vous faites quoi ?


Voici les 5 étapes pratiques que je recommande à tout fonctionnaire ou militaire de 40 à 52 ans qui veut prendre en main sa retraite complémentaire :

  1. Récupérez votre relevé de carrière sur Info-Retraite.fr ; gratuit, en ligne, en 5 minutes. Il vous donnera le nombre de trimestres validés et une estimation de votre future pension.

  2. Calculez votre "gap" de revenus : comparez votre revenu net actuel (traitement + primes) à votre pension estimée. C'est souvent là que le choc se produit — et que la motivation de passer à l'action arrive vraiment.

  3. Vérifiez si vous avez des plafonds PER non utilisés : chaque année non versée est une déduction fiscale perdue. Avec le nouveau report étendu à 5 ans (loi de finances 2026), vous pouvez encore rattraper du terrain.

  4. Ne laissez pas votre assurance-vie dormir : si vous avez un contrat ouvert il y a plus de 4 ans sur un fonds euros à 1,5 %, il y a probablement mieux à faire avec cet argent ; sans pour autant prendre de risques inconsidérés.

  5. Faites un bilan patrimonial global : pas pour "investir", mais pour y voir clair. Comprendre où vous en êtes, ce qui manque, et ce qui est déjà bien en place. C'est la base de toute décision éclairée.


Chiffres clés


📊 75 % : taux de remplacement théorique d'un fonctionnaire — mais seulement sur le traitement indiciaire, hors primes (Service des Retraites de l'État, 2026)

💡 60 à 70 % : taux de remplacement réel pour un fonctionnaire de catégorie A avec primes importantes — soit un écart de 500 à 1 200 € par mois à la retraite (France Épargne, 2026)

📈 37 680 € : plafond de déduction fiscale annuelle maximale sur un PER pour optimiser votre épargne retraite (Service Public, 2026)

🎯 1,4 % : revalorisation des rentes RAFP votée pour 2026 par le conseil d'administration de l'ERAFP — un signal positif, mais insuffisant pour combler l'écart structurel


Questions fréquentes (FAQ)


En tant que fonctionnaire, ai-je vraiment besoin d'une retraite complémentaire ?

Dans la majorité des cas, oui — surtout si vous percevez des primes. Votre pension de base ne tient compte que de votre traitement indiciaire. Les primes, elles, disparaissent à la retraite. La RAFP compense partiellement ce manque, mais rarement suffisamment. Un bilan patrimonial vous permettra de quantifier précisément votre écart et de décider en connaissance de cause.

Quelle est la différence entre la RAFP et un PER ?

La RAFP est un régime obligatoire, géré par l'État, auquel vous cotisez automatiquement sur vos primes. Le PER est un dispositif volontaire, que vous alimentez librement, avec une déduction fiscale à la clé. Les deux sont complémentaires — mais seul le PER vous donne la main sur le montant épargné et la stratégie d'investissement.


Je suis militaire : est-ce que la gestion de patrimoine me concerne vraiment ?

Plus que quiconque. Le régime militaire est l'un des plus complexes de la fonction publique : départs anticipés, bonifications de campagne, pension à jouissance différée, reconversion… Ces spécificités créent des angles morts patrimoniaux que seul un CGP habitué à ces situations peut identifier et anticiper. Le bilan patrimonial militaire n'est pas un luxe — c'est une nécessité.


Mon conseiller bancaire ne m'a jamais parlé de tout ça. pourquoi ?

Parce que votre conseiller bancaire est rémunéré pour vendre les produits de sa banque, pas pour faire un diagnostic complet de votre situation. Un CGP indépendant, lui, n'est pas lié à un établissement. Son rôle est de vous conseiller dans votre intérêt — pas dans celui d'un distributeur de produits financiers.


À quel âge est-il trop tard pour agir ?

Il n'est jamais trop tard, mais plus vous attendez, plus les marges de manœuvre se réduisent. Entre 40 et 52 ans, vous avez encore un horizon de 10 à 20 ans — c'est suffisant pour constituer une épargne significative, optimiser votre fiscalité et sécuriser votre avenir familial. La seule vraie erreur, c'est de ne rien faire.


Conclusion : ne restez pas seul face à cette décision

La retraite complémentaire fonctionnaire n'est pas un sujet réservé aux "riches" ou aux "experts en finance". C'est une question concrète, chiffrée, qui concerne chaque agent public qui perçoit des primes et qui veut maintenir son niveau de vie après sa carrière.

Vous n'avez pas à tout comprendre seul. Vous n'avez pas à faire confiance aveuglément à votre banque. Et vous n'avez pas à attendre d'avoir "assez d'argent" pour consulter un CGP indépendant.


Ce que vous avez à faire, c'est prendre le temps d'y voir clair — une bonne fois pour toutes.


Vous vous reconnaissez dans cette situation ?

Parlons-en. Le bilan patrimonial découverte sur www.elos.care est offert, sans engagement, et dure 01 heure 30 minutes. Pas de produit à vendre — juste de la clarté sur votre situation et les leviers qui s'offrent à vous.

Jamais seul.

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Servir, s'engager, transmettre — ce que l'engagement m'a appris sur le patrimoine